1842 : Le presbytère nouveau est arrivé
 En vendant l'ancien presbytère en 1794, la commune de Parfouru a perdu l'avantage de pouvoir loger un desservant. La paroisse d'Epinay sur Odon bénéficie d'un prêtre et d'un vicaire, les fidèles de Parfouru doivent chaque dimanche emprunter " le dangereux chemin..." qui mène à l'église voisine. Fin 1837, la commune accepte la donation de la famille Abaquesné de Parfouru d'un terrain de 23 ares environ pour l'emplacement d'un presbytère avec jardin et dépendances.

 C'est ainsi que le 30 janvier 1838 est signé à Tilly sur Seulles le devis de construction du presbytère de Parfouru sur Odon rédigé par l'agent voyer (maître d'oeuvre) et dont voici la teneur exacte...

  Commence alors un véritable "parcours du combattant"...

Le 15 mars 1838
est votée une imposition extraordinaire de 4.000 francs à raison de 500 francs par an pour la construction du presbytère "...considérant que l'ancien presbytère a été vendu en 1794, que depuis cette époque la commune a perdu l'avantage de pouvoir loger son desservant et que souvent elle en a été privée parce que dans l'impossibilité de lui fournir un logement, considérant que la dépense pour l'établissement de ce presbytère est de la plus grande nécessité et devenue de plus en plus urgente, est d'avis que la commune soit autorisée à s'imposer extraordinairement...une somme de 4.000 francs pour la construction d'un presbytère à raison de 500 francs par chaque année dont la première commencera en 1839."

Les travaux de construction du presbytère ont commencé en 1838 et se sont achevés fin 1842.

Le 16 avril 1838, l'évêque de Bayeux écrit au maire de Parfouru pour dire qu'il juge l'imposition extraordinaire impossible et l'invite à venir faire le point avec lui ainsi qu'avec Mr de Parfouru sur la situation financière de la commune avant de répondre à la lettre informative du Préfet.

Le 9 mai 1838, le conseil demande que la commune soit autorisée à s'imposer annuellement la somme de 88 francs (Les 500 francs annuels prévus étant chose irréalisable car s'ajoutant au traitement du vicaire qui se monte pour la commune à 250 francs annuels).

Le 10 mai 1839, le préfet écrit à l'évêque de Bayeux pour préciser qu' "il est donc à regretter que cette commune ait été érigée en chapelle vicariale puisque les revenus de la commune seront toujours insuffisants pour faire face à la dépense et que perpétuellement la commune devra recourir à une imposition extraordinaire annuelle de 88 francs alors que le desservant ou vicaire n'a presque rien à faire, il faudra 64 années pour opérer le remboursement, ce qui est à peu près reconnaître qu'il est impossible et qu'il vaudrait beaucoup mieux que Mr Abaquesné et les souscripteurs donnassent les fonds, ce qui lèverait toute difficulté". Il ajoute enfin : "Je ne peux m'empêcher d'observer que, sans autorisation, le presbytère est en construction et qu'il a déjà été dépensé 223,40 francs". Il désire des éclaircissements.

Le 9 mai 1840 :" Le Conseil municipal considérant que la commune vient de s'imposer de grands sacrifices pour terminer la confection du presbytère, en faisant des avances considérables décide de s'imposer annuellement à commencer en l'année 1841, une somme de 88 francs pour arriver le plus promptement possible au remboursement."

Pendant plus de deux ans, de juin 1840 à septembre 1842, le Préfet s'offusque à plusieurs reprises de n'être pas en possession de "pièces en forme et régulières" précisant les montants dus, les devis, les travaux exécutés...semble-t-il sans autorisation préalable. Il faudra terminer la construction du presbytère avant de soumettre (et obtenir) une demande d'imposition extraordinaire...

Le 15 février 1848, le Conseil municipal rappelle le coût global définitif de l'opération qui s'élève à 7.395,82 francs, compris les murs du jardin, de la cour, les portes, les puits... Demande est faite par Mr de Parfouru pour régler le compte du coût de la construction du presbytère. "La dépense est de 6.020 francs et 74 centimes, non compris le transport des matériaux. La commune de Parfouru ne dispose pour faire face à cette dépense que de la somme de 1.265 francs de fonds disponibles et d'une autre somme provenant d'une souscription faite le 18 janvier 1838 par laquelle plusieurs habitants s'obligent faire créance sans intérêt pour eux et leurs héritiers pour une somme globale de 2.950 francs...Les murs du jardin, de la cour, les portes, le puits et autres dépenses nécessaires, ces dépenses ont coûté 1.375 francs 75 centimes, la dépense totale générale se monte à la somme de 7.395 francs 82 centimes. De fonds disponibles 1.265 francs, reste à payer 6.130 francs 82 centimes; il est encore dû 136 francs 67 centimes... reste 5.994 francs 15 centimes. Payés les 2.950 francs, restent 3.044 francs 15 centimes, cette somme de 3.044 francs 15 centimes a été payée tout entière par Mr de Parfouru. Le Conseil municipal est d'avis de rembourser les sommes avancées sans intérêt aussitôt que possible."

Les travaux de construction du presbytère de Parfouru ont donc commencé en 1838 et ne seront pas achevés avant fin 1842. Près d'un demi- siècle après la vente de l'ancien bâtiment, Parfouru a enfin un nouveau presbytère ! Mais l'histoire ne s'arrête pas là ...

Ce texte est la partie n°2 du thème " Le nouveau presbytère " qui comprend chronologiquement :
   
1. 1838 : Parfouru aura son presbytère
   2. 1842 : Le presbytère nouveau est arrivé
   
3. 1988 : Mort d'un presbytère et naissance d'une mairie

Sources :
archives municipales - correspondance entre Mr Abaquesné de Parfouru et Mgr Brault évêque de Bayeux
M. Lucas / J-F Sehier