Grande histoire d'une petite vallée

     D'une superficie de 365 hectares, Parfouru fait figure de parent pauvre en comparaison des communes voisines de Villers-Bocage, Epinay sur Odon et Tournay sur Odon, mais la beauté de ses sites et la variété de ses paysages invitent à la promenade. A Parfouru, autrefois "Profondus rivus" qui signifie vallée encaissée, l'Odon coule dans un cadre paisible mais tourmenté. Les randonnées offrent des paysages contrastés et pittoresques sans cesse renouvelés.
 

L'histoire de la vallée du Moyen-Odon et de la région de Villers-Bocage est connue grâce aux travaux de l'abbé Lebosquain, ancien doyen de Villers-Bocage.
L'occupation humaine de la vallée est très ancienne.  

Dès l'époque gauloise, la tribu des Viducasses occupait l'espace entre la Dives et la Seulles, le village de Fains était une frontière entre cette tribu et celle des Bajocasses (région de Bayeux), et les romains firent de Aregenua (Vieux aujourd'hui) notre capitale.

Pendant les invasions germaniques, nombre de fossés ou palissades se dressèrent dans la vallée tels Camp-Cher, Mont-Broc...

Puis, lors des raids normands, on fit élever, sans permission ducale, mottes et remparts de terre.

Les châteaux qui ont remplacé les fortifications primitives de la vallée, témoignent de ces périodes d'insécurité. La motte de Villers, la porte fortifiée de Ragny sont les témoins de la période féodale.

Foulque d'Aunay, Turgis de Tracy, Godefroi de Villers, un sire d'Epinay, un de Mathan, comptaient au nombre des compagnons de Guillaume le Conquérant lors de la conquête de l'Angleterre en 1066. Les armes de Parfouru figurent à l'Abbaye aux hommes à Caen: d'azur à la fleur de Lys d'or.

Pendant la première croisade, Robert Courteheuse, fils de Guillaume, s'illustre en Terre sainte, lors de la prise de Jérusalem en 1099. A ses côtés figurent maints chevaliers normands, parmi eux les seigneurs de la vallée: Wace de Villers, Guillaume de Villy, Robert de Tournay, Jehan de Landes...Ils se couvrent de gloire et Robert refusera le titre de "Roi de Jérusalem".

Du village de Parfouru à cette époque nous ne savons rien. Le nom du village est évoqué pour la première fois dans un acte d'échange de terres daté de 1502. Le manoir seigneurial n'occupait pas l'emplacement qu'on lui connaît aujourd'hui, perché sur une motte, il dominait sans doute la vallée de l'Odon, et les anciens cadastres gardent encore le souvenir d'un "herbage de la motte". La ferme des Costils conserve aussi les vestiges d'une élévation fortifiée.


Le château actuel, en contrebas de l'église, vers l'Odon a été édifié dans la première moitié du XVIIème siècle pour sa partie la plus ancienne. Comme Caen, Bayeux ou Condé, au moment des guerres de religion, pendant la seconde moitié du XVIème siècle, Parfouru a été le centre d'un fief huguenot. C'est à cette époque que fut édifiée l'église actuelle; seule la tour beaucoup plus ancienne, témoigne de l'existence d'un édifice plus ancien. Un acte de 1488 certifie la présence d'un prêtre...mais de cette église nous reparlerons plus longuement.
La région riche en histoire offre aux visiteurs un patrimoine tout à fait remarquable, dans un cadre contrasté et tourmenté, toujours plein de charme.